SAHA CHRIBTEK ! : J’ai déjeuné à la boule rouge avec Elsa Boublil

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Elsa est productrice à France Inter : elle anime Summertime, émission de jazz, de 22H à 00h tous les dimanches.  Lorsque j’ai travaillé avec elle, c’était toujours la plus partante pour commander de la « vraie nourriture » le soir (au lieu de tomber dans l’écueil habituel du diner à base de gâteaux apéritifs.)
C’est elle, par exemple, qui nous a fait découvrir  les brochettes de poulets et les mezzés de l’étoile du Liban, elle aussi, qui se plaignait quand nous décidions d’aller acheter à manger chez Monoprix en maugréant qu’elle « n’aimait pas bouffer des trucs sous plastique… »

C’est à ce moment là qu’elle m’a proposé qu’on aille déjeuner ensemble à « La Boule Rouge », restaurant juif tunisien, près des Grands Boulevards à Paris.
Quelques semaines plus tard, nous nous y retrouvons un midi. Quand j’arrive, Elsa m’attend attablée devant plein d’entrées  : « ce sont des Kemiah, il y a toujours ça d’office sur la table lors des fêtes juives, pour patienter.» C’est en fait un véritable festin : des pommes de terres épicées, des carottes râpés,  de la viande marinée, des olives, de la purée d’aubergines…
Tout de suite je suis dans mon élément : 1. J’adore me retrouver devant une profusion de plats.  2. Encore plus lorsqu’ils sont offerts.

Elsa me présente le serveur, Faouzi : « C’est le seul qui me reconnaît. » « Tu as maigri Elsa c’est pour ça qu’on ne te reconnaît pas » répond-il en rigolant. Raymond le patron est là aussi : « Il vient plus Enrico Macias ? Mais si Enrico, il était en vacances il sera là demain.»
« Ici c’est ambiance Tunis à fond ! » me dit Elsa.

Le père d’Elsa est né en Tunisie, il a quitté le pays en 57 à l’indépendance, il avait 12 ans. Sa famille s’est installée dans une maison à Fontenay-sous-Bois. « Toute la diaspora tunisienne passait par chez nous. » C’est là que la mère d’Elsa, jeune hollandaise  qui vient de débarquer à Paris, s’installe juste après avoir rencontreé son futur mari : elle apprend à cuisiner le couscous et à parler français avec l’accent juif tunisien…
C’est là aussi qu’a grandi Elsa jusqu’à ses 23 ans. La cuisine est le lieu central de la maison, l’endroit où l’on discute des heures pendant que les plats mijotent, en humant des odeurs incroyables…

Son père ne lui parlait pas tunisien et évoquait très peu son enfance en Tunisie. Il  finit cependant par accepter de s’y rendre avec sa femme et Elsa en 2005. Tout en la prévenant « Tu vas comprendre pourquoi je déteste ce pays… » Ce fut en fait une révélation de découvrir la gentillesse des gens là bas et la bonne intégration des juifs tunisiens. Depuis elle y retourne régulièrement.
Elsa a moins de liens avec la cuisine Néerlandaise, hormis la soupe juive qu’elle mangeait chez sa grand mère à Amsterdam et les petites réglisses salés qu’elle volait enfant dans la boite en fer où sa mère les rangeait et dont elle raffole encore.

Ce jour là, nous ne commandons pas de couscous, spécialité de la Boule Rouge mais des Spaghettis à la viande, autre plat tunisien typique.
Elsa amène dans ce resto tous les gens qu’elle aime, elle a l’impression qu’il dit qui elle est, c’est là d’ailleurs qu’elle a eu un de ses premiers rendez vous avec l’homme qui est devenu depuis son mari. Ils ont deux enfants et habitent dans une ferme dans la Sarthe, preuve que son flair ne l’avait pas trompé !

Dans le moulin où ils habitent ils fabriquent eux mêmes leur pain, leurs yaourts, ont un potager avec plein de légumes, des pommes de terres et des fraises, et aussi 4 poules pondeuses « avec les oeufs on se fait des omelettes, des gâteaux… Impossible de lui faire avouer une faiblesse culinaire type pain tartiné de ketchup…et pire : même ses enfants ne mangent jamais de gâteaux industriels.
Ils adorent  aussi cuisiner ensemble et avec leurs enfants (la perfection je vous dis) : Elsa des plats juifs tunisiens comme le Msoki, plat typique de la Pâque juive avec 12 légumes de Printemps, son mari, lui, plutôt de la cuisine traditionnelle française type gigot de 7Heures…

Leur projet : acheter un petit cochon !  » Du cochon ? ? » (je m’interroge sceptique) « Ben oui » me répond Elsa.  »
C’est délicieux le cochon et tout se mange » .

Les restaurants préférés d’Elsa
La Boule Rouge,  1 rue de la Boule Rouge, 75009 Paris
Marie-Louise, 11 rue Marie Louise 75010 Paris.
Le Violon d’Ingres 135 rue St Dominique, 75007 Paris
Anahi, 49 rue Volta, 75003 Paris

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